La reproduction et maladie du lapin

Bien que les lapins puissent s’accoupler toute l’année, la période la plus favorable à la reproduction se situe au printemps et au début de l’été. Le mâle et la femelle doivent être âgés d’au moins huit mois. Les lapins vivant séparés dans des cases, il faudra les réunir. C’est la femelle que vous devrez transporter chez le mâle — le soir de préférence — pour la ramener dans sa case le lendemain matin. Si elle refuse la compagnie du mâle, n’insistez pas, vous la ramènerez deux ou trois jours plus tard.

La lapine porte trente et un jours. Le vingt et unième jour de sa gestation, apportez-lui une brassée de foin qui lui servira à faire son nid, nid qu’elle rendra confortable avec des poils qu’elle s’arrache du ventre.

A noter : si vous la voyez procéder à cette opération dix jours après la saillie, c’est que la fécondation ne s’est pas effectuée.

Vous n’aurez pas à intervenir au moment des naissances, elles s’effectuent sans difficulté. Vous devrez seulement penser à donner beaucoup d’eau à boire à la mère.

 

Deux ou trois jours plus tard, visitez le nid et éliminez les mort-nés assez fréquents.

La lapine allaite ses petits pendant quatre à cinq semaines. Pendant cette période donnez-lui du son et de l’eau en grande quantité.

Les lapereaux.

Leur élevage ne présente pas de difficultés particulières.

  • Les dix premiers jours, ils se nourriront uniquement du lait de leur mère.
  • Vers le dixième ou douzième jour, les lapereaux commenceront, tout en continuant à téter, à partager la ration maternelle.
  • Quatre à cinq semaines après la naissance vous les sèvrerez et vous leur donnerez à boire du lait coupé d’eau à 50 %.
  • A sept semaines, vous les séparerez de leur mère : il est préférable de lui donner une nouvelle case plutôt que de transporter les petits.
  • A neuf semaines, vous procéderez à une nouvelle séparation, les mâles d’un côté, chacun dans une case, les femelles de l’autre. Ces dernières peuvent éventuellement vivre réunies jusqu’au moment où elles deviendront mères à leur tour.

A noter : il est préférable d’inscrire sur la case, à la craie, les dates importantes de la vie des lapereaux : leur naissance, leur sevrage, leur séparation.

Ses maladies.

Elles sont parasitaires ou infectieuses. Il est conseillé de faire appel au vétérinaire -, en plus des soins qu’il donnera, il ordonnera éventuellement une désinfection totale du clapier.

La gale commune des oreilles • elle est provoquée par un parasite : le psoropte. Les lapins secouent la tête et tentent de se gratter les oreilles qui portent des croûtes. Nettoyez les oreilles avec de l’eau tiède additionnée d’un peu de savon noir afin de liquéfier les croûtes. Par ailleurs, tous les huit jours, instillez dans les oreilles de l’huile benzolée (deux à trois gouttes) ou de la glycérine crésylée.

La gale de la tête : elle est provoquée par un parasite: le sarcopte. Les croûtes envahissent la tête de l’animal. Lavez le lapin avec de l’eau tiède additionnée de crésyl; appliquez de la pommade crésylée que l’on laissera vingt-quatre heures; enlevez la pommade à nouveau avec de l’eau additionnée de crésyl.

On peut enduire les pattes postérieures de pommade à base d’H.C.H.; en se grattant la tête, l’animal se soignera lui-même.

La gale des pattes : elle est provoquée par un parasite : le notoèdre. Les croûtes se forment sur les pattes. Le traitement est identique. La méthode qui consiste a enduire les pattes postérieures sert donc à deux fins.

La coccidiose ou gros ventre : elle est due à la présence de parasites microscopiques qui ne s’attaquent qu’aux lapins, ce sont les eimeria stiedae, les eimeria perforans et l’eimeria magna. L’animal a un gros ventre, il maigrit, il a de la diarrhée et son poil devient terne. Le traitement sera à base d’huile thymolée, de quinacrine, de phénothiasine ou de stovarsol.

A noter : ne pas confondre la coccidiose avec la météorisation. La météorisation n’est pas une maladie mais un trouble digestif dû à l’absorption par le lapin de trèfle ou de luzerne encore mouillé. Le vétérinaire consulté ordonnera des vitamines.

La cysticercose : elle est due à une larve de taenia serrata ou ténia en dents de scie du chien. Cette larve a l’aspect d’une boule, de la taille d’un petit pois, remplie de liquide. Elle se fixe sur le péritoine des lapins. L’absence de symptômes importants est caractéristique de cette maladie; on peut toutefois constater que le lapin est en mauvais état général, qu’il maigrit. 11 faut éviter de donner au lapin des herbes souillées, ramassées sur le bord du chemin : elles peuvent contenir le ténia du chien qui contaminera le lapin.

La nécrobacillose cutanée.- elle est due au bacille de la nécrose ou bacille de Schmôrl. On constate sur le corps, la face, les cuisses des lésions purulentes, croûteuses et gangréneuses. La nécrobacillose peut être à l’origine de pleurésie ou de pneumonie. Les soins sont à base d’antibiotiques.

Le coryza contagieux: il est dû à un virus filtrant. Le lapin tousse, son nez coule, le jetage devient rapidement purulent et le lapin essuie son nez avec ses pattes. Il faut isoler le malade et le soigner avec des antibiotiques et de l’argyrol en solution nasale.

L’entérotoxémie: elle est due à un microbe anaérobie qui attaque surtout la lapine après qu’elle a mis bas. Elle a soif, elle perd l’appétit, ses yeux sont vitreux. Il arrive qu elle meure subitement. Si on reconnaît la maladie à temps, elle sera traitée à la pénicilline. Les betteraves et les épluchures de pommes de terre seront à proscrire de l’alimentation de la malade.

L’entérite mucoïde: elle atteint particulièrement les lapereaux. On ne sait pas encore à quoi l’attribuer, mais on peut confondre cette maladie avec l’entérotoxémie car les symptômes sont les mêmes et le lapin malade meurt rapidement à moins que, reconnue à temps, on puisse pratiquer des injections de streptomycine.

La syphilis ou spirochétose : elle est due à un spirochète. Le lapin est abattu et il a de la fièvre.

On le soignera avec une injection sous-cutanée de composé arsenical, ou aux antibiotiques.

La myxomatose: maladie spécifique du lapin, elle est due à un virus filtrant transmis par les moustiques. Le lapin présente une tête enflée, ses yeux deviennent rouges et purulents, ainsi que les parties génitales. Il respire difficilement, perd l’appétit. Ses oreilles tombent. Dans la majorité des cas, le lapin malade meurt très rapidement.

Il n’existe pas de thérapeutique pour guérir le lapin atteint, mais les lapins bien portants seront vaccinés dès que des cas de myxomatose sont signalés dans une région. Les clapiers seront, à l’extérieur et à l’intérieur, pulvérisés avec du D.D.T. afin de supprimer autant que possible les moustiques qui véhiculent le virus.

La myxomatose est une maladie légalement contagieuse qui doit être déclarée à la mairie ou au service vétérinaire départemental.

A noter: la tularémie est une maladie rare qui atteint les rongeurs et en conséquence les lapins. Due à une piqûre d’insecte, elle peut provoquer des épidémies. La tularémie est une maladie légalement contagieuse et, comme telle, elle doit être déclarée à la mairie ou au service vétérinaire départemental.

L’arrêté du 30 juin 1948 précise que les clapiers où la maladie a été constatée doivent être isolés et désinfectés et qu’une pancarte «tularémie animale» doit être apposée.